Douaisis : des intermittents du spectacle ont bloqué l’accès à l’entrepôt logistique Amazon

Publié le 25 Juin 2014

Douaisis : des intermittents du spectacle ont bloqué l’accès à l’entrepôt logistique Amazon

PUBLIÉ LE 25/06/2014 LA VOIX DU NORD

PAR BERTRAND BUSSIERE

Douaisis : des intermittents du spectacle ont bloqué l’accès à l’entrepôt logistique Amazon
Douaisis : des intermittents du spectacle ont bloqué l’accès à l’entrepôt logistique Amazon

Poing levé, les intermittents du spectacle ont fait face aux forces de police ce matin. Pas longtemps : une heure. Sur un site emblématique du e-commerce : Amazon.

Ils se sont attaqués à un symbole : Amazon. Le symbole d’une « multinationale ultra-concurrentielle » comme le disent les deux représentants de la vingtaine d’intermittents du spectacle 59/62 qui, ce matin, de 9 h à 10 h, ont interdit à une cohorte de camions l’accès à l’entrepôt logistique géant implanté à Lauwin Park, ouvert en septembre 2013. « On est aussi ici pour revendiquer un monde moins marchand. C’est un vrai discours politique que nous tenons », poursuivent-ils, n’oubliant pas le pourquoi de l’action qui les mobilise depuis des semaines : la réforme de leur régime d’indemnisation chômage. « C’est un non à l’agrément en entier », disent-ils à l’adresse du Premier ministre Manuel Valls qui vient d’annoncer que la mesure d’économie la plus contestée, le différé d’indemnisation, serait « neutralisé » par l’État. Leur conclusion est définitive est sans appel : « Manuel Valls veut diviser les gens, un point c’est tout. » A priori, les intermittents présents ne veulent pas entendre parler du lancement d’une nouvelle mission pour redéfinir le statut de l’intermittent, et mettre en place, comme le dit le gouvernement, « un cadre enfin sécurisé et stabilisé ».

Durant l’heure pendant laquelle les intermittents ont bloqué la plate-forme logistique, Ronan Bole, le directeur du site, a fait des aller-retour entre les manifestants et les forces de police. Des policiers qui n’ont pas eu à évacuer les « perturbateurs » qui, d’eux-mêmes, ont plié bagage. Le dialogue entre le directeur de la « multinationale ultra-concurrentielle » et les intermittents a tourné au monologue. Côté intermittents, on objecte qu’« Amazon c’est la tête de prou du capitalisme à outrance. Aujourd’hui, ils embauchent des intérimaires, mais demain… » Côté direction, on donne des chiffres : « Ils viennent chez nous car on a 180 intérimaires. Mais on va passer 225 intérimaires en CDI dans les trois prochains mois. Au mois d’octobre, il y aura 500 salariés en CDI sur le site. Si un employeur crée des emplois dans la région c’est bien Amazon. » La gêne pour les affaires due au blocage (restreint dans le temps) a été minime. « On a un peu de chance que ce soit le matin car il y a moins de trafic », explique Ronan Bole. en évaluant du regard la file de camions à l’arrêt. Un arrêt d’une heure donc : le temps de prendre une pause syndicale.

Rédigé par Zac_Lauwin-Planque

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