M. POIRET adoptera-il dans ce cas, la règle du "Pollueur-Payeur" ?

Publié le 29 Septembre 2010

Hier matin, six agriculteurs se sont rendus dans les locaux de la CAD pour y déposer les factures de l'échardonnage

mercredi 29.09.2010, 05:07 La Voix du Nord

 Les six agriculteurs ont déposé les factures à la CAD hier en fin de matinée.Les six agriculteurs ont déposé les factures à la CAD hier en fin de matinée.

|  CONFLIT |

Hier, en fin de matinée, une délégation de six agriculteurs voisins de la zone industrielle de Lauwin-Planque ...

 

s'est rendue dans les locaux de la Communauté d'agglomération du Douaisis, afin d'y déposer les factures de l'échardonnage. Les agriculteurs tiennent la CAD pour responsable de ce travail supplémentaire (lire notre édition d'hier). Ils lui reprochent de « laisser ses propres parcelles en friche ». Résultat : des chardons y ont élu domicile. Au printemps, ils fleurissent et leurs graines se dispersent sur les exploitations agricoles situées à proximité.

1 200 à 1 500 € par agriculteur

« On est obligés de traiter nos champs à cause de la négligence de la CAD », lâche Christophe Sellier, l'un des agriculteurs concernés. Pour cela, ils utilisent des produits phytosanitaires ou désherbent manuellement pour les cultures les plus fragiles. « On perd du temps, et de l'argent », précise Denis Desrumaux, agriculteur lui aussi touché.

Les exploitants ont procédé à un calcul minutieux du prix que leur coûte cette opération : pour le travail manuel, ils comptent cinq heures nécessaires pour échardonner un hectare, à dix euros de l'heure pour l'utilisation de désherbant, ils ont besoin de moins de temps, mais ils ajoutent le prix des produits et du matériel utilisés. « On en a pour un total de 1 200 à 1 500 € par agriculteur en fonction de la taille de ses terrains. Ça concerne une vingtaine d'exploitations. Et tout ça seulement pour cette année », précise Christophe Sellier. « Le problème, c'est qu'une fois que les chardons sont installés dans les champs, c'est très difficile de s'en débarrasser, et on risque fortement de les retrouver l'été prochain », enchaîne un autre agriculteur en colère. Autre problème : l'utilisation des produits phytosanitaires les empêche de participer au programme « Eau et agriculture 2010 - 2012 » de l'Agence de l'eau. « La pollution de nos terres par les semences de chardons nécessite plus d'un désherbage. C'est impossible pour nous de diminuer les traitements, alors que l'on fait des efforts depuis vingt ans pour la protection de l'eau. Et c'est une double perte pour nous, puisqu'on ne bénéficiera pas des primes de l'Agence de l'eau », regrette Christophe Sellier.

Toutes les factures ont été déposées à l'accueil. Les agriculteurs espèrent à présent que la CAD leur apportera une réponse. « On se doute bien qu'ils ne payeront pas. Notre objectif, c'était surtout de leur montrer que si c'est un épiphénomène pour eux, pour nous ça a des conséquences importantes, et qu'il est indispensable qu'ils interviennent plus tôt l'année prochaine. » 

Nous n'avons pu joindre hier Christian Poiret, président de la CAD, pour obtenir sa réaction.

MÉLANIE DÉMAREST/La Voix du Nord

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Rédigé par Zac_Lauwin-Planque

Publié dans #Chardons

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