Nicolas Sarkozy souhaite défendre les surfaces agricoles !

Publié le 17 Mai 2011

Nicolas Sarkozy tente de rassurer les agriculteurs

vendredi 13.05.2011, 05:19

Nicolas Sarkozy tente de rassurer les agriculteursNicolas Sarkozy, est venu rendre visite a Mickaël Poillion dans son exploitation agricole d'Héricourt. PHOTO DELPHINE PINEAU.

 

À la campagne mais aussi en campagne... À Héricourt puis à Arras, Nicolas Sarkozy s'est efforcé hier de rassurer le monde agricole, notamment les jeunes candidats à l'installation. Quitte à faire le grand écart entre la défense des produits « made in terroir » et les contraintes d'une mondialisation libérale.

 

Quelques minutes de bain de foule, deux visites de terrain chez un jeune agriculteur du Ternois puis au coeur de l'opération Place Nature (1) d'Arras mais un seul objectif : redonner confiance aux agriculteurs qui doutent par un message à multiples détentes.

 

Défendre les surfaces agricoles. 

Un lotissement ici, une zone d'activités là, une rocade ailleurs... l'espace agricole se réduit. Il perd 96 000 hectares par an dans l'Hexagone (1 200 pour le seul Pas-de-Calais). Pour freiner le mouvement, le chef de l'État met en avant plusieurs mesures : une commission préfectorale doit désormais donner son avis, un observatoire national de la consommation des espaces agricoles rendra son rapport, enfin et surtout une taxe sur les plus-values réalisées sur la vente de terres nues devenues constructibles est mise en place. Pas fan de taxes, Nicolas Sarkozy défend celle-ci « dont le produit est affecté à l'aide aux jeunes agriculteurs ».

C'est donc pour la bonne cause.

Assurer des revenus décents. « Pendant des décennies, on a calmé le monde agricole avec la drogue des subventions alors que la clé, ce sont des prix décents. » Le discours présidentiel marque un virage. Il prend aussi ses distances avec le libéralisme pur et dur. Pour limiter la spéculation, la France profite de sa présidence du G20 pour réclamer la transparence sur les stocks . « Dans un seul pays sur les 27 de l'Union européenne on connaît les stocks de blé au grain près, c'est la France », ironise le chef de l'État qui plaide pour la transparence. Autre préoccupation : obtenir une régulation des cours des produits dérivés agricoles. Enfin, Nicolas Sarkozy défend la préférence communautaire au nom d'un protectionnisme bien compris. « Si on aligne les éleveurs français sur les cours mondiaux, on les ruine. La préférence communautaire est la contrepartie d'exigences pour la qualité et la sécurité alimentaire. » En clair, le mouton néo-zélandais ne sera pas ici en terrain conquis.

Développer les circuits courts. Directement du producteur au consommateur : la formule n'est pas nouvelle mais elle redevient très tendance. Au plus haut niveau de l'État, on défend désormais les circuits courts. Nicolas Sarkozy plaide pour le contact direct avec le consommateur final, en limitant les intermédiaires. Au passage, il s'étonne que le monde agricole, qui a su créer un géant bancaire dès les années soixante (le Crédit Agricole) n'ait jamais tenté de monter une grande chaîne de distribution.

Complément du circuit court : l'achat de proximité. Désormais dans leurs appels d'offres, les collectivités ne seront plus ligotées par les prix les plus bas, 20 % de leurs marchés pourront être réservés aux produits de proximité. « Les pommes normandes plutôt que les pommes du Chili, même si elles sont un peu plus chères », a plaidé hier le ministre de l'agriculture, Bruno Lemaire, qui accompagnait le chef de l'État.

Défendre la PAC « à l'euro près ». Pas question d'accepter une réduction du budget de la politique agricole commune (PAC) européenne. Nicolas Sarkozy met les chiffres sur la table : la PAC représente 50 milliards d'euros, les agriculteurs français, premiers bénéficiaires, en récupèrent une dizaine. Pour autant, à l'égard du budget d'ensemble de l'Union européenne, la France conserve un solde négatif de cinq à six milliards. « La France veut le maintien du budget de la PAC à l'euro près... Ma capacité à accepter un compromis sur cette ligne rouge, c'est zéro plus zéro », martèle le chef de l'État.

Même fermeté dans la négociation avec les pays du Mercosur (Amérique du Sud) : « Je suis pour la liberté du commerce loyal, à armes égales... Je ne vois pas pourquoi on doit accepter des produits qui ne répondent pas aux normes qu'on impose à nos agriculteurs. » Hier à Arras, le plat du jour, c'était la fermeté, un produit du terroir. •

 

PAR DOMINIQUE SERRA
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Rédigé par Zac_Lauwin-Planque

Publié dans #Pression foncière

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